Accueil Date de création : 02/01/08 Dernière mise à jour : 17/10/11 17:50 / 174 articles publiés

Une petite pause ...  (actu-blog) posté le jeudi 27 mai 2010 13:31

... Qui dure depuis un moment déjà, et qui n'est as terminée tout à fait.

Il y a cependant un mieux, j'ai de temps en temps acces à internet, ce qui explique que je sois là pour vous dire ça {#}.

je ne vous oublie pas, mes amis poètes et autres artistes, et j'espère pouvoir vous retrouver plus régulièrement, un de ces jours.

Il y a longtemps que j'aurais du mettre un lien avec un forum de poésie que j'aurais aimé vous présenter. Il a fallu que je sois privée du net pour me rendre compte que j'ai eu tort de laisser passer le temps.

A moi de réparer ça.

http://lezardsdelapoesie.xooit.fr/index.php

Je pense que certain(e)s d'entre vous serez interressé(e)s par ce lieu d'échange que je fréquente depuis déjà pas mal de temps, avec plaisir.

Bien à vous.

 

Nine

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En brasier de trépas  (Mots) posté le lundi 15 mars 2010 19:30

Blog de nine :Instants d' art, En brasier de trépas

 

 

En brasier de trépas

 

Il avait pris d’emblée, dès les premiers frimas

Ses hauteurs, ses quartiers de maître du logis

Sur le manteau lustré, aux marbrures jolies

De notre cheminée. Il y faisait son gras

 

Et lissait son doux poil en écoutant le monde

Humant quelque senteur, dressant souvent l’oreille

À l’appel de son nom. Alors, pure merveille

Il clignait tendrement de ses deux billes rondes.

 

S’il lui venait parfois une humeur vagabonde

Il prenait tout le temps de mouvoir sa personne.

Une patte, puis l’autre, un regard qui s’étonne

Une sérénité, sourire de Joconde

 

Esquissé sur sa face ; et d’un saut délicat

D’une allure de chat, il déserte son dôme

Pour veiller sur la chose humaine du royaume

Qu’il entend  gouverner, attacher à son pas.

 

Me restent aujourd’hui, de lui, les souvenirs

De ses gracieux ronrons qui hantent mes genoux

Un semblant de croquis, dont je ne vins à bout

Croyant le retrouver tout jour en son empire.

 

Mais il s’en est allé au paradis des chats.

Sans un bruit, doucement, il a quitté la vie

Laissant la cheminée, ses nervures de gris

Étouffer le silence en brasier de trépas.

 

~

 

Nine

 

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Portes  (Mots) posté le dimanche 07 mars 2010 16:37

Blog de nine :Instants d' art, Portes

Portes

La porte s’est ouverte au miroir de mon âme

Parcourant le couloir infini de l’angoisse

Hésitant sur le pas, lumière sur ma face.

Revêtue d’habits noirs, accessoires de deuil

Gants et chapeau, filet, mouches cillant de l’œil

 

J’ai poussé un à un les battants qui se ferment

Aussitôt dépassés par une clique ferme.

Arrivent dans le sas où les corbeaux croassent

Ces oiseaux de mon cœur qui blues et qui me glacent.

Un passe qui, partout, folie de cette dame

 

Démultiplie l’image en force camisole.

Le cri s’éteint, l’ombre s’efface en cousu main

L’éprise est en prison, muette, désolée

Du vide en son regard aux armes arrêtées.

 

Le pli déteint sur la grimace des barreaux

Freine la nasse emplie de rêves et de mots.

Deux mains de fer… Et d’avenirs en lendemains

L’esprit se casse et se délite, en vierge folle.

 

 

nine

 

 

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Mais que dis-tu, à la fin ?  (Mots) posté le vendredi 26 février 2010 07:41

MAIS QUE DIS TU, À LA FIN ?

 

Voilà ce que je dis, ce que je m’évertue à ne pas te cacher pour toujours me soustraire à tes impératifs.
Je dis qu’elle est amère, la honte que j’ai bue et que je suis nocif.
Il se peut que je tue ma propre métaphore et l’image de toi.

En soi je le déplore, mais il en est ainsi.
 
Je n’ai que du remords.
 
Ne me vois-tu contrit ?
 
Alors montre tes griffes et mords, je t’en conjure. Regarde les blessures déchirant notre ciel où nombre d’hirondelles s’écrasent, agonisent ; où se désorganise un possible futur.
 
Nuages de dentelle noire sur la démesure…
 
Quelques éclaboussures du sang de mon artère…
 
Et je me désespère.

Et tu penses mes mots avant que ne les dise.

Je lis sous tes paupières des éclairs de tristesse.

Je cherche un chien sans laisse pour tracer un chemin que tu prendras matin. Puis je cheminerai bien autrement que toi.

J’ai trouvé un cercueil afin que tout repose dans la pâleur des choses. J’enfouirai mes crachats dessous un lit de feuilles où perle la rosée.
Si tu passes par-là, écoute dans les branches de l’arbre dépouillé.

Il te dira l’écueil…
 
Lorsque viendront l’hiver et quelques oiseaux morts dans la litière blanche, pour

que je vive encor il te faudra me taire.
Le rêve est ajourné de l’aube au crépuscule.

Et sur la neige étanche gît un coin de pensée que nul n’a remarqué. Elle souffre martyr et tente en vain de dire que je suis ridicule.

 

Que je suis ridicule.

 

Loin dans cette campagne une chèvre égarée ne cherche pas le bagne où je suis enfermé.
Vaste étendue de vert et quelques robes longues sur les troncs…
 

Doux concert volatile que fait taire un instant le gong de l’orage soudain.

Je n’en suis plus atteint.

J’ai vomi toute bile.

Ces quelques primevères toutes fraîches écloses ont eu raison de moi.

Le cachot de ma prose volera en éclat.
En attendant cela j’aurai quelques humeurs.

Je compterai les heures à regarder le vent qui dans les herbes pleure tandis que je transpire et t’imagine au cœur d’un océan désert.

L’encre de ma sueur n’ose encor s’affranchir.

Je t’ai vue à l’instant noyée parmi la foule et glace ! Ton sourire me tue quand je surprends la houle qui tangue ton navire.
 
Je m’affole et secoue ma prison. Je trépigne.

Je ne finis ni signe mes lignes ne valent pas un clou.

 

***

 

Le soleil de mi-août cogne déjà, ce matin-là, lorsque timide et repenti, les poches vides de tout manuscrit, je frappe à ta porte.

M’ouvriras-tu ?

 

***
 

Nine

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Alors, poète ?  (Mots) posté le dimanche 14 février 2010 09:09

ALORS, POÈTE ?

 

 

Alors ?

 

Voilà.                                                       
Installe-toi et dors tranquille, pas de bile, bois ce qu’il me reste de sueur sale dans les mots. Le lit de la rivière asséchée expose une prose de cadavres gonflés.
Figure-toi, j’ai peur, toi aussi d’ailleurs, nous sommes transis, n’osons le dire, et c’est pire.
 
C’est pire…
 
Nous sommes économes, petits hommes circonspects, nous ajournons nos dettes avec une trace de grimace dans la tête.
T’inquiète, c’est parfait ! Le camion poubelle ramasse le lundi les restes indigestes d’un festin que nous fîmes mâtins ; et les épluchures et les lambeaux de peau, les rots, je te le jure, partiront dans la benne à ordures.


C’est bien ma veine ! J’avais jeté des miettes d’encre qui sentaient trop la rose. J’explose : c’était mon plus beau poème, ma perle, que j’ai détruite au plus profond de mon dilemme.


Je suis un cancre perfectible, assoiffé d’une parole qui déferle du fond de mes entrailles, mes cris me criblent de leurs flèches. Je n’en suis pas une.

Je me dessèche.
J’attends la montée de la lune pour, vaille que vaille, partir en calèche vers un ailleurs muet, là où la bêche a déterré le prix du silence, de l’absence de cœur, la fleur sans parole, la douleur des instants intérieurs, les dedans déserts d’idée et le calme enfin.
 
Le calme enfin.

 

Plus un geste.

 

Le répit.

 

La pluie n’a cessé, elle ne fut pas en reste.
Elle a lavé mon paysage.
Elle a saccagé le sillage d’une pensée extirpée de mon front marécage.
…Et la lumière sur les heures écloses, débridées, transpirant de rosée ; dégoulinant ses coulures de boue que le temps charrie comme un roman pas mûr…Tu sais, celui qu’on n’ose jamais commencer, qu’à peine on ébauche et puis on demande une pause, on prend déjà la pose.


Celui qu’à peine on ébauche et qui déjà nous fauche, tant il mine la mine d’un crayon mâchouillé.
  
Tant le brouillon s’éternise.
 
Tant on s’épuise.
 
Nous sommes économes. Jaloux jusqu’à l’ivresse de nous-mêmes. Nous n’en sortirons pas indemnes.

 

Je cherche en vain une tendresse épouse, câline, gardienne de ces fruits, ceux  que nous retenons jusqu’à nausée.
 
Et soudain…
 
J’ai le blues.

 

Débine-toi fissa ! Réveille-toi de ta léthargie, va voir ailleurs si j’y suis. Il y a quelque part un leurre dans ma nuit qui ressemble à la figure de mes sens figurés. Je suis en mode veille.
Ni sur.
Ni pur.
Une ordure ?
 
Je marche l’amble avec le vent d’exode. La lune est haute et tremble une ode monocorde.

 

Ni relique.


Ni cendre.
 
Un son unique

Pour tendre vers,

 

Prétendre

À une vie minimale,

Moins qu’animale,

Pas même minérale.

 

***

 

Lorsqu’elle m’a dit : « déconne pas » j’avais déjà rejoint moins l’infini.

 

 

 

____________________Nine______________________

 

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