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Accueil Date de création : 02/01/08 Dernière mise à jour : 06/02/10 15:54 / 167 articles publiés

Une lettre à Érik Satie  (Mots) posté le samedi 06 février 2010 15:54

Une lettre à Érik Satie

 

___ 

 

 

 Monsieur,

 

 

Je vous réponds enfin, après bien des années, et soyez bien certain, ce jour, que je nourris pour vous l’amour le plus profond.

 

J’imagine soudain, lisant vos injonctions, cadeaux mystérieux laissés sur mon piano, comme une invitation lentement amenée, comme une altérité à vos altérations, celles que vous posez, graciles hirondelles noires et dépliées sur des fils électriques, en divines gnostiques dans ce matin blafard où brille une poussière, suaire d’étincelles sur l’ivoire.

 

« Très luisant »

 

Après quelques mesures que je pose en murmure, votre plume a glissé ce bel impératif qui exhume un soleil inclinant ses rayons coupants comme un canif, et j’entends quelques trilles tombant dans le silence à l’infini, ainsi qu’une bille d’agate, en votre absence, rebondit et s’échoit, laissant des pattes d’oie sur un sol blanc de givre.

 

« Questionnez »

 

Je pose le hasard de mes doigts malhabiles sur les notes fragiles qui prennent leur envol vers un astre de cuivre, et, sitôt dans le ciel, c’est à peine, désastre, si l’aile se déploie qu’elle touche le sol. Ce que vous m’imposez, monsieur, est hors de ma portée. Une nouvelle fois je vise, tentant l’impossible. J’atteints presque la cible, mais l’interrogation peine et s’immobilise sur un point malheureux. Pérenne est la question. Mon soupir s’éternise.

 

« Du bout de la pensée »

 

Une ligne de vous aux déliés identiques, aux cursives magiques, m’invite à votre rive, m’assigne à faire se taire tout le superflu. J’effleure alors le nu comme on trace une esquisse. J’efface les prémisses de peur que la musique envahisse l’instant, où, comme à la dérive, votre esquif mélodique a noyé tout allant symphonique relatif à m’éloigner de vous. Je ne peux vous aimer, monsieur, ainsi que me le dites, qu’en touchant mon clavier, et si peu : d’un jeu léger d’esprit bien vite reposé.

 

« Postulez en vous-même »

 

M’enjoignez-vous alors. C’est de l’or, que ces mots venus de votre siècle ! Et cet ordre de vous, ce paradoxe doux, m’incite à me jouer de votre partition ; à vous désobéir, puis m’enhardir encor pour mieux vous définir dans la proximité des nues où vous êtes reclus, où j’accroche, défaites, mes croches en désordre à vos pas. Et lors qu’à l’abandon, je m’approche…

 

« Pas à pas »

 

…Vous me prenez la main et la guidez enfin, des aigus vers le grave d’une octave imprévue…

 

« Sur la langue »

 

Monsieur, je vous connais si peu, mais vous souris déjà entrant dans cette chambre où vous m’avez permise ;  afin que je vous dise « Je te veux » pour une valse lente et violente où, voyez, je me cambre, dolente entre vos bras, sous les toits de Paris.

 

Lorsque le jour s’achève, pour toujours dévouée à votre cour,

 

Votre élève.

 

_________

 

 

Nine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Des nues - Sienne  (peinture) posté le vendredi 05 février 2010 07:55

SIENNE

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Des nues - Anis  (peinture) posté le vendredi 05 février 2010 06:40

 ANIS

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Des nues - Ambre  (peinture) posté le jeudi 04 février 2010 17:58

AMBRE

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Gamine  (Mots) posté le mardi 02 février 2010 21:24






Gamine




Gamine, lorsque tu apprivoises la danse

Sanguine, si sucrée, tu pavoises, coquette

Vermine de beauté, à l’orée de ton corps

J’en appelle à mes sens et je côtoie le diable


Tandis que tu m'effraies, tandis que tu t'amuses
à retourner mon sang, à renvoyer ma muse

Alors que tu dévoies ce tango trop affable

Que tu touches la loi, que je frôle la mort

Tandis que je te guide, alors que tu me guettes

Gamine, je me noie. Et j’ai le cœur en transe.





Nine
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